Avoir peur… mais continuer: La répression policière expliquée en bande-dessinée

Publicités

Tout est politique: les femmes, sujets politiques en temps de mobilisation

image036

La Fédération des femmes du Québec avait recommandé en 1970 la création d’un organisme para-gouvernemental voué à examiner les conditions de vie des femmes et à émettre par la suite des recommandations.

Les inégalités femmes/hommes dans le monde militant, ça existent? Oui. Comme dans n’importe quel autre domaine. Les manifestations politiques contre les mesures d’austérité le montrent mieux que jamais. Étant moi-même une jeune militante, je m’indigne devant la praxis de mes camarades en temps de mobilisation. Le discours légitime, celui qui sera écouté (accepté), est nécessairement diffusé par un homme. Dans le cas contraire, on use de la culture du viol pour faire taire les femmes. Dans les premières lignes de manifestation on retrouve des hommes car, les situations en temps de mobilisation deviennent émotionnelles et c’est le système d’autorité masculin qui prend le dessus. En théorie, tous se disent pro égalité femmes/hommes, mais dans la pratique, un micro-sexisme se reproduit. La manière de faire masculine fait de l’ombre aux impacts qui touchent les femmes. J’en ai assez de ce mépris perpétuel contre les Stevette de ce monde.

19683_821749334583086_2942007571380389493_n

Les mesures d’austérité, ça touchent en premier les femmes. À mon sens, on n’en entend pas assez parler lorsqu’on parle d’austérité. Des droits qui ont été durement acquis, risque d’être perdus. Ceci provoquera la régression du niveau de vie des femmes. Le calcule est bien simple. On coupe dans les services aux garderies + les coupes dans le conseil du statut de la femme + les coupes dans les secteurs employés par des femmes (éducation, santé, communautaire,…) + les restrictions du droit d’avorter = une immense perte d’autonomie sociale et financière pour les femmes entraînant ainsi un possible retour à la maison. Notamment puisque les garderies coûteront trop cher pour les familles moyennes, mais aussi puisque les emplois occupés par les femmes se verront coupées, surchargées. Les femmes, aidantes naturelles de notre société, se verront obligées de délaisser leurs emplois afin d’assumer ces responsabilité. Bref, on assistera à un retour en arrière. Tant qu’à y être monsieur Couillard, pourquoi pas nous enlever le droit de vote?

Je lance un rappel à l’ordre : nos droits ne sont jamais acquis. Cela s’applique aussi au droit de manifester sans itinéraire, et avec masque. Retrouvons notre intégrité. La révolution est populaire, mais cette fois, elle est masquée par un discours trop englobant. La révolution est féministe.

Jul


Un petit rappel historique des luttes féministes québécoises :

http://raisons-sociales.com/articles/louise-toupin-1-femmes-en-lutte/

Indignée

Indignée. Je suis indignée. Indignée par cette brutalité, cette violence. Cette injustice flagrante, qui porte le nom ridicule de « justice ». Et j’ai mal. J’ai mal pour eux, ces manifestants coupables de dire ce qu’ils pensent. J’ai mal pour elle, cette pauvre fille au visage massacré par les bombes lacrymogènes, lancées en plein dans sa face. Et j’ai mal pour moi. Pour mon avenir. Pour mes rêves. Pour mes espoirs. Pour mon courage, ma force… Pour mon effroyable sentiment d’impuissance. Et puis, j’ai peur. J’ai peur pour moi, bien sûr, mais aussi, et surtout, pour eux. Mes amis, mes proches… mais même de purs inconnus, perdus au milieu de cette foule, brutalisés par ces policiers en habit bleu, avec leurs masques et leurs boucliers, qui font pleurer les petites filles… J’ai peur qu’on soit blessés, gravement blessés. Ou pire encore, qu’on perde. Qu’on perde notre motivation, notre énergie incroyable qui nous permet de nous battre encore, même après toutes ces défaites, même après toute cette douleur. J’ai peur de voir notre liberté (le peu qu’il nous en reste) s’écrouler tout à fait devant toute cette pression. J’ai peur, tout simplement. Et j’ai honte d’avoir peur… La peur est l’ennemie de la dignité. Et je suis triste. Tellement, tellement triste. Triste pour les gens du passé, qui se sont tant battus, comme nous… Pour ce que ça a donné! Et triste pour les gens du futur. Ces gens qui devront vivre dans le résultat de cet effroyable gâchis. Et, par-dessus tout, je suis triste pour nous, les gens du présent. Pour tous ceux qui, comme moi, manifestent contre ce qui leur parait injuste en ce monde. Mais, aussi bizarre que cela puisse paraitre, c’est surtout pour les « autres » que je suis triste. Ces « autres », qui ne savent même pas pourquoi on se bat, ou pire, qui voient les manifestants comme des « enfants gâtés » ou des « terroristes ». Mais justement. Toutes ces émotions contradictoires qui m’habitent, elles ne sont pas là pour rien. Si je veux, je peux faire en sorte qu’elles servent à quelque chose. Elles peuvent nourrir ma colère, mon énergie quasi-désespérée, ma force, ma confiance. Et surtout, elles peuvent, non, elles doivent, m’encourager, nous encourager, à continuer à nous battre. Et, même si cela implique le risque d’être déçue, je continuerai d’entretenir des espoirs, et surtout, de les défendre.

– Simone Beaudoin, étudiante en secondaire 1

À Québec: lorsque les loups hurlent, les chiens mordent. Compte-rendu de la manifestation nocturne du 24 mars 2015

Mercredi 25 mars 2015 — Zone de grève, Université Laval. Première manifestation contre l’austérité de la grève à Québec. Plusieurs militants, dont beaucoup d’étudiants de l’Université Laval, se sont réunis devant l’Assemblée nationale pour faire valoir leur mécontentement. En guise de comité d’accueil, un groupe de policiers ont attendu les manifestants pour les prendre en souricière. Dès les premiers instants, la manifestation est déclarée illégale.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Les gens contournent le barrage des policiers et continuent tout de même leur marche. Les policiers les laissent passer pour ensuite les rattraper à la course un peu plus loin afin de les encercler. Tous les artifices de la répression sont déployés! Des chiens jappent contre les manifestat-e-s, des robocops surarmés décident arbitrairement qui appartient à la manifestation, jouent allègrement de la matraque. Poussant et frappant, les forces de l’Ordre scindent la marche en trois avant de rapidement les encercler. La méthode d’arrêts de masse n’est pas nouvelle! Développée à Gaza, elle « arrête » le mouvement au lieu des gens fautifs, sans discernement. CA6lssjWQAESh_T

Coincés, obligés de s’identifier, les arrêté-e-s reçoivent gracieusement un constat 19.2 et 220 $ d’amende (274 au total). Pendant les heures de détention provisoire, les manifestants détendent l’atmosphère: chantent Un musicien parmi tant d’autres d’Harmonium, crient des slogans, jouent un match d’improvisation. Le moral était plutôt bas et le stress dans le piton. Un manifestant a été mordu par les chiens. Un autre, frappé au visage, est parti en ambulance. Une femme fut piétinée par les policiers que rien n’arrêtait. Leur violence silencieuse, taie, encore répétée. Le bras armé de l’État frappe, refuse qu’on discute de l’austérité du gouvernement libéral.

Tout de même, certains se sont réunis à l’Université Laval au pavillon DeKoninck, afin de garder le contrôle sur la zone de grève et décompresser un peu de cet épisode déconcertant. Une seconde nuit blanche s’entame pour les grévistes à qui l’on refuse le sommeil. Dur début de grève pour les militants. Gaza et Guantanamo, la dissidence confronte.

-Les occupant-e-s de la Zone de grève.