Vidéo de l’occupation de la tour du rectorat de l’Université Laval – 9 avril 2015

Voici des images de l’occupation de la tour du rectorat de l’Université Laval le 9 avril 2015 en solidarité avec les étudiant.e.s de l’UQAM.

Non aux expulsions politiques.

Non à la désinformation.

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Retour sur #occupationLAVAL en solidarité avec les étudiant-e-s de l’UQAM

9 avril 2015 – Université Laval. Des étudiant-e-s de l’Université Laval, du Cégep F.-X.-Garneau et du Cégep Limoilou ont occupé de 15 h 30 à 18 h 30 le rectorat de l’Université Laval au Pavillon des Sciences de l’éducation en solidarité avec les étudiant-e-s de l’UQÀM subissant de la répression politique. L’objectif était de faire pression sur Denis Brière, le recteur de l’Université Laval pour qu’il dénonce les mesures répressives adoptées par le recteur de l’UQÀM depuis le début de la session 2015.

Rappelons-nous, le recteur a d’abord suspendu neuf étudiant-e-s pour leurs activités politiques, puis fait une demande d’injonction qui lui a été accordée afin d’interdire toute manifestation ou séance de piquetage permettant d’assurer le maintien du vote de grève étudiant. Hier, pour couronner le tout, le recteur a fait appel aux forces policières pour expulser les étudiant-e-s- ne respectant pas les injonctions. Au total, 22 étudiant-e-s ont été arrêté-e-s et plusieurs ont été violentés. Des professeur-e-s sont sorti-e-s en solidarité avec les étudiant-e-s- et ont fait une chaîne humaine devant les étudiant-e-s pour les protéger contre les arrestations. Ils sont ensuite allés négocier avec le recteur et au poste de police afin de mettre un terme à la répression politique et policière. Le recteur a toutefois décidé de faire la sourde oreille et le syndicat des professeur-e-s a pris la décision de ne plus reconnaître le recteur. En réaction, des centaines d’étudiant-e-s ont décidé d’occuper de façon indéfinie le Pavillon des Sciences de l’éducation pour le recteur se rétracte. Vers minuit, le SPVM est entrée en force dans l’édifice afin de mettre un terme à l’occupation, ce qui s’est soldé en une centaine d’arrestations.

Aujourd’hui, le ministre Blais a réitéré son appui au recteur de l’UQÀM et aux forces policières et plus tard dans la journée une centaine d’étudiant-e-s manifestant autour de l’UQÀM ont été pris en souricière et ont reçu 640$ en amende au nom du règlement P6. Des manifestations et des occupations ont été organisées un peu partout dans des institutions universitaires du Québec (à la Faculté de Lettres et Sciences humaines de l’Université de Sherbrooke), aux États-Unis (à Oakland) et en Europe (à l’Université d’Amsterdam) en appui aux étudiant-e-s de l’UQÀM. Un millier de professeur-e-s ont co-signé une lettre condamnant ces répressions.

solidarité Oakland

Dès 15 h 30, une manifestation en appui avec les étudiant-e-s de l’UQÀM a suivi son cours sur le campus de l’Université Laval. Rapidement cette marche a été détournée vers le Pavillon des Sciences de l’éducation pour occuper le cabinet du recteur de l’Université Laval. Au total une centaine d’étudiants ont occupé l’édifice du rectorat entre 15 h 30 et 18 h 30 et une cinquantaine ont appuyé les occupant-e-s de l’extérieur. Les étudiant-e-s ont affirmé de leur mieux leur solidarité avec les étudiant-e-s de l’UQAM. Le recteur de l’université ne s’est toutefois pas présenté pour répondre aux revendications des étudiant-e-s de l’UL jugeant que cette problématique ne le concernait pas. Les étudiant-e-s demandaient au recteur de se positionner par rapport à la répression politique et militaient aussi pour:

  • La fin de l’injonction à l’UQAM qui mine le droit de grève des associations étudiantes;
  • La fin des menaces d’expulsion d’étudiant-e-s pour des motifs politiques sur les campus universitaires (ce qui inclut le retrait des accusations envers les 9 étudiant-e-s de l’UQAM);
  • L’nterdiction de faire entrer les forces policières dans les universités;
  • Le retrait des accusations envers les 22 étudiant-e-s arrêté-e-s jeudi soir à l’UQAM.

Pour plus détails sur le cours de l’occupation, vous pouvez entrer #occupationLAVAL ou #solidaritéUQAM sur Twitter.

Un vidéo de l’occupation est également disponible sur Facebook: https://www.facebook.com/video.php?v=10153163045552383&set=o.1519204478320225&type=2&theater

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Les bouffons couillardesques et leur garde royale. Le budget néolibéral à l’honneur, moi, l’étudiante, je m’indigne

Jeudi 27 mars 2015 – Québec, Zone de grève de l’Université Laval. Je suis revenue de cette manifestation sur la colline parlementaire troublée. Pourtant, je n’ai pas subi de coups de matraques ni de morsures de chien comme d’autres manifestants l’ont vécu mardi soir. J’ai toutefois vécu de l’intimidation, cette même intimidation qui semble pourtant unanimement dénoncée. Il est 17 h 30, je marche vers le Parlement avec mes collègues de classe pour dénoncer le budget qui vient d’être déposé à l’Assemblée nationale. Déjà, nous savons qu’afin d’assurer plus de revenus dans ses caisses et payer « notre » dette nationale, le gouvernement (néo)libéral du Québec opte pour une baisse d’impôts de 4 % pour… les entreprises! Pourtant, les plus riches du Québec ont connu une croissance économique inégalée dans notre histoire et pilent les profits dans leurs coffres-fort, mais ces pauvres âmes ont besoin d’être encouragées par des récompenses monétaires injustifiées afin d’investir sans crainte dans l’économie qui les fait vivre. Pendant ce temps, nous assistons aux pires coupures depuis 20 ans dans les services sociaux, de santé et dans l’éducation. Déçues, nous rejoignons les centaines de manifestants qui, déjà, scandent des slogans politiques et échangent leurs expériences récentes sous fond d’accordéon.

Très rapidement, nous assistons à une démonstration quasi militaire qui choque, intimide et fait trembler mes camarades qui se retrouvent nez à nez avec un scénario qu’ils ne connaissent que trop bien. Ils ne sont pas seul-e-s, moi aussi je tremble. Une profonde tristesse m’envahit devant ces agents de la Sûreté du Québec qui déambulent au pas militaire, se placent en rangs et nous fixent du regard, nous faisant sentir tout sauf en sûreté. J’ai l’impression de faire face à des machines, des êtres sans âme et au regard vide. Ce sont pourtant nos parents. J’assiste à la mise en place d’un État policier… chez moi. Plusieurs d’entre nous demeurent muets et filment cette danse martiale. Au même moment, les policiers nous encerclent et nous empêchent de manifester, nous empêchent de nous exprimer.

Nous décidons alors de tourner autour de la fontaine tout en scandant « On tourne en rond comme Couillard » pour ensuite bifurquer vers Honoré-Mercier afin d’entamer notre manifestation. Rapidement, les policiers chargent et déclarent notre marche illégale. Ils ont l’impunité; LeBeaume y consent. En guise de récompense, des bombes lacrymogènes nous sont tirées aux visages. Ces polices sont sadiques. Une manifestante en ressort en sang. Tentant de l’aider, un manifestant écarte les médias qui l’entourent lorsqu’un d’entre eux, espérant dégoter le cliché qui pourra leur offrir un paquet de fric, lui gueule « dégage, laisse-moi faire mon travail! » Décidément, on se demande où en est l’humanité, mais ce n’est pas fini, ce n’est qu’un début. Les manifestants scandent, justement, « On a le droit de manifester », mais en vain… Comme ailleurs en Occident, l’État veut exterminer notre voix qui doute, qui questionne, notre voix qui n’accepte pas cette prétendue fatalité qu’est l’austérité.

Une bonne partie des manifestants réussit à sortir de cette souricière et se rend sur la Grande-Allée, mais derrière nous le tiers demeure coincé. Nous scandons alors « Libérez nos camarades » qui ne veulent que sortir de ce piège… Assez contradictoire, d’un côté on nous demande de se disperser et de l’autre on nous retient. Un sentiment de profonde injustice nous envahit et l’inquiétude se lit sur tous les visages. Sur ce, les policiers se dispersent, ce qui permet à un groupe de manifestants – vifs – de s’enfuir en notre direction. Notant cette escapade, le policier qui gère la circulation des voitures continue malgré tout de les laisser passer… une manifestante est percutée… la circulation ne s’arrête pas, la main du policier continue de tournoyer. Nous décidons alors de bloquer la circulation afin de les protéger, mais sommes sauvagement repoussés par l’escouade antiémeute. Je crie aux policiers : « Votre devoir est de nous protéger! » Tremblants, les manifestants scandent alors « Est-ce normal d’avoir peur des policiers? » La stupeur de toutes et tous est palpable.

Le sadisme policier suit néanmoins son cours… Ils nous repoussent vers les Plaines d’Abraham, nous éloignant ainsi de nos camarades pris en souricière. Malheureusement pour lui, un vieil homme traverse au même moment l’entrée du parc et se voit martelé de coups de matraque. L’indignation poursuit son cours. N’ayant que l’hiver comme arme, les manifestants lancent des balles de neige aux policiers. (Ces derniers ont-ils oublié qu’ils ont, eux aussi, été de jeunes québécois-e-s?) Lorsqu’une d’entre nous informe le reste du groupe que nous sommes en territoire fédéral. Nous sommes protégés. Le parc n’est pas sous la juridiction municipale. Les manifestants chargent alors les policiers qui reculent rapidement vers la rue. Ah… finalement… finalement… nous sommes en sécurité… au Canada! Qui l’aurait crû? Moi, indépendentriste.

***

De retour dans la Zone de grève à l’Université Laval, je raconte cette histoire. Nous sommes tous et toutes abasourdi-e-s et  nous ressentons une tension dans nos muscles qui nous étreint. Une situation que Fanon avait remarquée chez ceux qui sont réprimés, qui ne peuvent s’exprimer. Le trombone de Steve nous joue alors une mélodie qui rapidement s’accompagne des tambours, des accordéons et des guitares des Steve et Stevette de la Zone. Nous dansons, la tension se libère… les sourires reviennent sur les visages. Les gens sont à nouveau unis, plus solidaires et déterminés que jamais.

– mutine ❤

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