Tous dans l’même bateau (slam)

Te rends-tu compte du paradoxe

Quand l’monde dans lequel tu vis

On l’appelle im-monde

J’ai mis le -im dans une ptite box

Pour l’empêcher de faire des ptits

Parce que dans ton milieu ça s’reproduit :

Immature immoral immondice immaculé

J’te l’ai enlevé pour préserver ce qu’il m’restait

Un autre -im celui d’imaginaire

On est tous dans l’même bateau

Et l’navire est pas si gros

Tu peux filer nulle part la terre est ronde

Il est temps d’penser à sauver ce monde

Pendant que toi tu penses tactique

Moi j’pense pratique

Ta belle technique

Elle fait des ravages en Arctique

Elle a autant d’avenir que l’Titanic

On va pas attendre que tu paniques

Pendant que l’bateau coule nous on joue un peu d’musique

Tu penses p’t’être qu’en faisant fondre la glace ça va t’sauver

Après tout c’était pour ça que l’bateau avait coulé

T’as vu le film, tu peux pas t’tromper

Mais c’est toi le gros glacier

Et tu nous mets tous en danger

T’as fait des ptits trous dans la coque

Et tu nous regardes sombrer sans équivoque

On est tous dans l’même bateau

Et l’navire est pas si gros

Tu peux filer nulle part, la terre est ronde

Il est temps d’penser à sauver ce monde

T’es capable de tout pour monter plus haut sur le navire

Mais visiblement tu connais pas si bien l’avenir

Il est écrit mais tu veux pas le lire

Mon gars le haut finira bientôt aussi dans l’eau

On est tous dans l’même bateau

Et l’navire est pas si gros

Tu peux filer nulle part la terre est ronde

Il est temps d’penser à sauver ce monde

J’suis prête à virer d’bord

On est pas mal à être prêts mais tu vas devoir lâcher ton or

Parce que ton gros cul sur le ponton

Nous empêche de changer de direction
Clémence

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Tapez, tapez, policiers.

Contexte : poème écrit en réaction à l’intervention des policiers armés à l’intérieur de l’UQAM le 8 Avril 2015, après avoir visionné la vidéo de l’intervention.


Ce n’est pas soutenable
Ce n’est pas croyable !

Criez criez
Étudiants blessés

Rien ne passera
Rien ne changera

Tapez tapez
Policiers

Puisque votre force fait loi
Puisque vos armes vous font rois.

Pendant ce temps la liberté,
Pleure de grosse larmes et
Fait ses valises.

Clémence

Ô Austérité !

Ô Austérité!
Ton nom est dans toutes les bouches.
Tu es prônée
Par tes partisans farouches,
Ces politiciens polichinelles,
Joueurs à grande échelle.

Mais qui es-tu?
Tu es la solution jamais revue,
La solution toute prête
À l’éternel fardeau de la dette.
Tu es le sacrifice de tous et de chacun
Pour le bien-être des générations de demain.

Ô Austérité!
Partout où tu as été appliquée,
Tu n’as jamais fonctionné.
Tu as produit l’inverse des effets annoncés :
En Espagne, au Portugal, en Irlande ou en Grèce
C’est le PIB que tu agresses,
La récession que tu perpétues.
La dette publique s’évertue
À croître, malgré tes coupes effrontées
Et l’audace de ta rigueur autrefois si « justifiée ».

Ô Austérité!
Les prestations sociales baissées
Augmentent le chômage
Et attisent notre rage.
La consommation est grippée
Grâce à tes fabuleuses idées.
Oh! Et voilà que la santé
S’en trouve affectée!
En Grèce, tu as permis
La recrudescence de certaines maladies :
57 % d’augmentation du VIH/Sida
Pas de quoi en faire un plat?

Mais revenons dans le passé,
Chère Austérité,
Dans les années 30, tu as déjà paupérisé
Les peuples européens
Où les politiques de déflations instaurées
Ne faisaient pas grand bien…

Mais que faire?
Se passer de toi, très chère.
Nationaliser le système bancaire,
Augmenter les salaires
Pour relancer l’investissement,
Lutter contre la fraude fiscale, évidemment!

Tant de choix judicieux
Qui ne plaisent pas à nos dirigeants
Car ils sont bien trop contents
Quand ils jouent aux dieux.

Clémence

Bibliographie : VANIER, Paul, 2014, « Idée reçue : l’austérité est le seul remède à la crise », Manuel d’histoire critique , Hors-Série le Monde Diplomatique.

Québec je crie ma rage

J’attends fébrilement des nouvelles de mes amis
Car il ne fait pas bon manifester
Il ne fait pas bon s’exprimer
Dans notre ville aujourd’hui.

J’attends les noms de mes camarades qui seront tombés
Au « chant » d’honneur contre l’austérité
De ceux que l’on aura frappés
Pour mieux nous rendre muets.

Québec te souviendras-tu vraiment
Des cris des manifestants?
Te souviendras-tu du bruit des matraques
Des policiers qui nous traquent?

Écouteras-tu le cri d’agonie
De cette liberté qui se meure et supplie
Entendras-tu les revendications
Matées à coup de bâtons?

Cette jeunesse qu’on veut faire taire,
Qu’on transforme en adversaires
Ceux que vous traitez en enfants
Sont mordus jusqu’au sang.

Québec je crie ma rage
Pour nos camarades arrêtés
Pour nos mots atrophiés
Pour nos luttes que l’on ravage

Québec au nom du silence écrasant
Nous promettons de ne jamais nous taire
Au nom des visages amers
Nous restons debout ce printemps.

Clémence